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L'iconoclaste

Défis RH | 0 réactions | Mar 27, 2019 par Christine Thioux & André Thioux

Internet apprend-il ou désapprend-il à réfléchir?

On apprend tout grâce à Internet. Un simple clic et l’information apparait. C’est une réponse formatrice, certes, mais correspondant aussi aux désirs, aux aspirations de la personne… Car les moteurs de recherche auront analysé les précédentes questions, préoccupations de ladite personne et guideront la réponse. L’avantage est ultime : tout est rapide, immédiat.

 

Mais finalement, Internet apprend-t-il ou désapprend-t-il à penser, à réfléchir ?

 

Devenons perturbateur, réapprenons à penser autrement que dans cette immédiateté…

Et pour ce faire : un retour en arrière ne serait-il pas utile ? Un retour aux bonnes vieilles méthodes, comme nombre de lecteurs de ces quelques lignes qui, pendant leurs études, ont du lire un certain nombre de livres chaque mois. Le choix de l’ouvrage n’était pas toujours imposé, mais il fallait le résumer, le synthétiser et en retirer une réflexion critique.

Et si nous devenions « carrément iconoclastes ! » (selon l’expression consacrée du brillant Fabrice Lucchini) 

 

L’entreprise étant un microcosme de la société civile et ayant de plus en plus un rôle formateur, voici quelques suggestions :

Redonnons une obligation - tout du moins une vive incitation - de lecture aux membres du personnel, et pourquoi pas, avec guide dans les choix littéraires.  Par exemple, nous pourrions conseiller Les Fables de La Fontaine (La cigale et la fourmi ; Le lièvre et la tortue ; Le chêne et le roseau …) ou encore les Pièces de Molière (le Bourgeois gentilhomme ; les Femmes savantes ; l’Avare ; …).

Encourageons le personnel à réfléchir aux finales de ces écrits, de ces fables… et appliquons ces réflexions dans le quotidien de nos entreprises.

Ce serait « énooorme », ce serait « du lourd », dirait notre acteur fétiche, car ces deux auteurs ont décrit à leur manière tous les travers, toutes les dérives, toutes les humanités.

 

  • La fable de « La grenouille et le rat » nous enseigne les risques d’une tactique malintentionnée ou d’une ambition trop forte.

« La ruse la mieux ourdie

peut nuire à son inventeur,

Et souvent la perfidie

Retourne sur son auteur »

 

  • « Le geai paré des plumes du paon » dénonçant l’imposture et ses dangers …

« Un paon muait ; un geai prit son plumage ;

Puis après se l’accommoda ;

Puis parmi d’’autres paons tout fier se panada ;

Croyant être un beau personnage. »

 

  • Les jeux de pouvoirs et rapports de force entre « le pot de terre et le pot de fer »

« Ne nous associons qu'avec nos égaux ;

Ou bien il nous faudra craindre le destin d'un de ces Pots. »

 

  • Ainsi, amusons-nous et terminons par la fable du  Chêne et du Roseau dans l’entreprise :

 

Au sein du personnel, il y a le fort, le fier, le costaud, l’intelligent, celui sur qui l’on peut compter. C’est une valeur sûre, c’est le cadre à haut potentiel.  

Il brave l’alizée, mais aussi les intempéries.  Si le vent se veut plus fort, il résiste. Droit, toujours il se tient. S’il y a crise ou tempête, il sera encore plus présent, il montrera sa force, son talent. A force de résister, orages après orages, typhon et cyclone, une simple  petite bourrasque craquèlera son socle  et un dernier souffle le jettera par terre.   Epuisé, il tombera en burn out.

Et à côté de lui, il y a le discret, l’observateur, celui qui connait sa juste place et qui vogue au gré des flots, qui n’essaye pas de contrer les vents, mais qui les utilise en hissant la voile.  Il est simple, humble face aux caprices des éléments. Il ne rompt pas car il ne désire pas côtoyer le ciel et les lumières.

 

« Je plie mais ne romps pas » ou quand l’arrogance fait place à l’humilité face à ses propres limites.

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