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Mentir sur son CV? Ou pas...

Objectif emploi | 0 réactions | Feb 26, 2019 par

Licenciée après 6 ans de bons et loyaux services chez votre ancien employeur, Mumuche & Co, vous avez, pendant plusieurs semaines, il faut bien le dire, un peu accusé le coup. Après de longues heures tiraillée entre honte, peur, angoisse et rêves de vengeance mettant en scène votre trousseau de clés et la BM du patron, vous avez décidé d’aller de l’avant et vous sentez prête à envisager de nouveau un avenir professionnel. 

 

Mais voilà, après ces quelques semaines passées dans un périmètre restreint lit-toilettes-frigo-micro-ondes (pour réchauffer la paëlla en sachet), vous n’êtes plus que très moyennement au fait des réalités socio-économiques du moment. Pour redémarrer doucement, vous décidez donc de procéder selon un schéma stratégique :

  • Regagner forme humaine (en rendant notamment l’aspect de sourcils aux deux « brosses à dents » que vous avez au dessus des yeux)
  • Retrouver la clé de chez vous (après 1h30 de recherche, vous apprendrez qu’elle se trouvait en fait dans le congélateur sous un sachet paëlla)
  • Aller chercher le journal et consulter les offres d’emploi

 

Consciente de ce que la fonction d’hôtesse en salon de massage implique, vous commencez déjà à vous dire qu’on est quand même plus à l’aise en pyjama. Le destin en ayant décidé autrement, vous tombez sur une offre qui attire votre attention : Commerciale chez Moumouche et fils. Baccalauréat en commerce extérieur ? Obtenu, et avec grande dis ! Expérience dans les relations clients? C’est ce que vous avez fait pendant 6 ans chez Mumuche ! Polyvalente ? Vous êtes la raison de l’existence même du terme.

 

Bon, il semble que la connaissance parfaite de l’allemand soit un critère… Bien sûr, l’allemand, vous l’avez étudié pendant 2 ans en cours du soir. Maintenant, même si, en week-end détente à Munich, vous n’aviez aucun souci pour commander saucisses et bretzels en patois local, la perspective d’une discussion professionnelle dans la langue de Wagner vous laisse un brin perplexe.

 

Que faire donc devant ce dilemme ?

Laissez tomber ? Ce serait dommage,  l’Allemand ca s’apprend. Et en dehors de ce microscopique  détail, vous correspondez point par point au profil recherché et êtes persuadée d’avoir le potentiel pour assumer idéalement la fonction à pourvoir. Laisser tomber c’est donc « nein », pas question !

 

Notons que plus l’enjeu est important, plus la nature des moyens mis en œuvre peut basculer vers le côté obscur. Dans votre tête, ce n’est qu’un subterfuge tout innocent pour augmenter vos chances. Mais en vrai c’est un vilain mensonge, et comme tout le monde le sait, mentir, c’est mal !

 

Après quelques minutes de dialogue interne agité, vous décidez toutefois que ce n’est pas la fin du monde, qu’après, vous ne mentirez plus jamais de votre vie, vous irez mettre un cierge à l’église et achèterez annuellement une caisse entière de modules « îles de paix ».

 

Décomplexée, vous vous autoproclamez donc parfaitement bilingue et jurez ne regarder les épisodes de Derrick qu’en version originale. Soit. Impressionné par votre Cv, le recruteur s’empresse de vous fixer un rendez-vous dès que possible, il faut ferrer le poisson.

 

Sacré coup de bol, votre interlocuteur, se trouvant lui-même en assez mauvais termes avec les langues germaniques, vous fait confiance sans réaliser que votre vocabulaire consiste essentiellement en l’énumération de marques de bières locales.

 

Ni vu, ni connu, vous voici engagée, félicitée, voiture de société…

Reconnaissante et guidée par votre grande conscience professionnelle, vous prenez des cours du soir et commencez doucement à appréhender plus confortablement  le parler de Goethe.

 

Et puis soudain, c’est le drame…

Premier déplacement professionnel à Düsseldorf, vous partez avec un collègue. Arrivés à l’Hotel, celui-ci, épuisé par le trajet, décide de faire une petite mittagsshlaf (sieste, en allemand) dans le canapé.

 

Vous décidez de partir repérage dans le centre, histoire de faire du lèche-vitrine. Vous sortez de l’hôtel, tournez à gauche, à droite puis encore à droite et là, bizarrement, votre itinéraire ne vous semble plus clair du tout. Mettant à profit vos 5 heures de cours chez Berlitz, vous accostez un inconnu afin de lui demander votre direction dans un allemand qui vous semble de qualité acceptable. L’homme baragouine longuement à quoi vous hochez la tête à grand renfort de  « ja,ja ». Après plusieurs minutes,  il vous indique finalement un arrêt de bus et vous montre 4 de ses doigts. Vous vous dites donc qu’il faut prendre le bus 4 à cet arrêt, ce que vous faites et vous félicitant de votre bon sens.

 

Hélas, ce que vous ne savez pas c’est qu’il y a eu malentendu : au lieu de vous guider vers « Gucci », l’homme vous a indiqué la direction de « Gishi » un petit village d’Azerbaijan (dont son grand-père était justement originaire).

 

Et vous voici donc, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, près d’une yourte à traire une chamelle et sans réseau mobile.

 

Maintenant, allez expliquer à votre patron les causes de votre subite disparition et ce nouveau chapeau que vous arborez depuis votre retour (un magnifique papakha offert par un autochtone)….

 

Conclusion : mentir sur son cv peut s’avérer une très mauvaise stratégie. Il est plus opportun et moins dangereux de mettre ses atouts en valeurs et de travailler son curriculum avec A-Th.

 

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